Un peu d’histoire

Histoire de notre église

             Nous reproduisons ici, avec son aimable autorisation, un article de Étienne Gilot paru dans la revue OKGNI 46 de décembre 2008, « L’église Saint-Pie X, du Petit-Ry, a 50 ans ».

 

      1947… Au sortir de la guerre, la Belgique doit remplacer sans attendre les logements qui ont disparu dans le conflit. Déjà au Buston, l’ « Habitation Moderne » a construit tout un nouveau quartier. Mais la demande est encore grande. La Société Nationale de la Petite Propriété Terrienne, dont le secrétaire général, René Jurdant, réside à Ottignies, jette alors son dévolu sur le plateau du Petit-Ry, proche de la gare, pour y implanter aussi une nouvelle zone d’habitat. Hormis la rue du Petit-Ry et la ferme de Balbrire, ce vaste territoire est encore vierge de toute urbanisation; il n’y a là que des terres agricoles, qui s’étendent sur plusieurs centaines d’hectares. Le chantier démarre rapidement, et les habitations trouvent immédiatement preneur. Ainsi en quelques années s’établit là, à côté du quartier du Buston, une population importante constituée surtout de jeunes ménages avec enfants. Le besoin d’une école apparaît bien vite. L’extension de l’habitat se traduit aussi dans la nécessité d’établir un lieu de culte à proximité.

Une asbl, dénommée « LE PETIT-RY », se constitue sous la présidence de Marc de Coster, pour veiller à ce que le plan d’urbanisation respecte les desiderata des habitants. En 1957, cette asbl lance une enquête publique quant à la localisation souhaitée pour l’implantation d’une école et d’un lieu de culte pour desservir les habitants des deux nouveaux quartiers contigus.

A cette époque en effet, il était envisagé de construire une église du côté du Buston. Par ailleurs, M. du Roy de Blicquy, un des propriétaires des terres sur le plateau du Petit-Ry, se proposait de faire don à l’archevêché d’un demi hectare de terrain à mi-chemin entre le Buston et le Petit-Ry, aux fins d’y bâtir une église et une école.

En avril 1960, on pose la première pierre de l’Ecole des sœurs de la Retraite du Sacré Cœur au Petit-Ry; l’école ouvrira ses portes en septembre ’60.

Et le 23 mai 1960 est érigée canoniquement par le Cardinal Van Roey la Chapellenie de Saint-Pie X, dont la juridiction spirituelle s’étend sur les hameaux de Pinchart, Petit-Ry et Limelette-Buston; l’abbé Jean du Trieux de Terdonck y est désigné comme chapelain.

A défaut d’un bâtiment de culte spécifique, on dressa sur le terrain juste au sommet de l’Avenue de la Résistance une sorte de cabane de chantier, qui fut aménagée en chapelle provisoire dans laquelle le chapelain célébrait l’office dominical pour les habitants du quartier. Ceux-ci désignaient communément cet « oratoire » sous le vocable « la cabane en tôle ».

Mais ce local, on s’en doute,  n’était pas très commode. Il fut bientôt délaissé et remplacé par une autre chapelle tout aussi provisoire mais plus confortable aménagée à l’étage de l’école des sœurs.

Le premier bâtiment de l’école des soeurs abrita à l’étage la chapelle provisoire.

A l’intervention du bourgmestre d’Ottignies Yves du Monceau de Bergendal, commissaire général du Saint-Siège à l’Expo 58, la chapelle du Saint Sacrement qui était accolée au Pavillon pontifical de l’Expo, fut rebâtie au Petit-Ry pour servir d’église paroissiale. L’architecte en était Pierre Pinsart , celui-là même qui avait conçu la chapelle originelle pour l’Expo. On retrouvera au Petit-Ry la même inspiration architecturale, avec le mobilier comme à l’Expo.

La chapelle à l’Expo

La géométrie de la chapelle est toute en courbes. L’autel en marbre repose sur un socle ovale de trois marches. Au dessus de l’autel est dressée une fine croix en métal dont le christ, symbolisant un prisonnier des camps de concentration, est décalé de la croix comme pour aller à la rencontre des fidèles. C’est l’œuvre de l’artiste tchèque Svoboda. Derrière l’autel, la paroi du mur est recouverte d’un décor en stuc qui représente la vallée de larmes dont parle le Salve Regina

 

La géométrie toute en courbes a été rendue par la forme cylindrique du bâtiment. On y retrouve l’autel de l’expo, sur son socle ovale. La croix métallique a disparu; elle a été remplacée par une croix en bois, dont les bras incurvés vers l’avant restituent le symbole de la proximité du Christ et du fidèle. La vallée de larmes à l’arrière se retrouve dans le décalage alterné des briques.

 

Le Christ de Svoboda au Petit RY

Mais le chantier tarde à démarrer. Aussi le 25 août 1960, le chapelain du Trieux (appelé familièrement « Dudu ») va donner un coup de pouce original au dossier : il lance un appel à ses paroissiens et les convie à venir le dimanche 3 septembre à l’emplacement prévu, avec pelles et brouettes, pour entamer sous la direction de l’entrepreneur désigné le creusement des fondations de leur église.
Au Petit-Ry, la chapelle finira par sortir de terre. Elle fut bénite par le Nonce apostolique en 1964.

En 1965, un arrêté royal érigea la chapellenie de Saint Pie X en paroisse autonome. L’abbé Jean du Trieux en resta le curé.

Étienne Gilot.

Sources:

Desmet J., « Les débuts de l’école du Petit-Ry », Okgni n° 14 (déc. 2000), p.4.
Evrard Louis, Répertoire des Eglises du Brabant Wallon, éd. A.R.C., 1994, 218 p.
Joos.J., Participation du Saint-Siège à l’Exposition Universelle et Internationale de Bruxelles 1958, Rapport
Général, éd. Commissariat Général du Saint-Siège, Bruxelles, 1960, 719 p.
Scops Ch, Ottignies à travers les âges, Notes historiques, première partie, Vieux-Genappe, 1970, 34p.

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